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 Taoïsme et Confucianisme

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Bouse de vache

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Date d'inscription : 03/06/2012

MessageSujet: Taoïsme et Confucianisme   Jeu 16 Aoû - 20:00

Taoïsme et Confucianisme

Extrait d' Aperçus sur l’ésotérisme islamique et le Taoïsme de René Guénon




Les peuples anciens pour la plupart, ne se sont guère préoccupés d’établir pour leur histoire une chronologie rigoureuse ; certains ne se servirent même, tout au moins pour les époques les plus reculées, que de nombres symboliques, qu’on ne saurait, sans commettre une grave erreur, prendre pour des dates au sens ordinaire et littéral de ce mot. Les Chinois constituent, à cet égard, une exception assez remarquable : ils sont peut être le seul peuple qui ait constamment pris soin, depuis l’origine même de sa tradition, de dater ses annales au moyen d’observations astronomiques précises, comportant la description de l’état du ciel au moment où se sont produits les évènements dont le souvenir a été conservé. On peut donc,en ce qui concerne la Chine et son antique histoire, être plus affirmatif qu’en beaucoup d’autre cas ; et l’on sait ainsi que cette origine de la tradition que l’on peut appeler proprement chinoise remonte à environ 3 700 ans avant l’ère chrétienne. Par une coïncidence assez curieuse, cette même époque est aussi le commencement de l’ère hébraïque ; mais, pour cette dernière, il serait difficile de dire à quel évènement, en réalité,se rapporte ce point de départ.Une telle origine, pour si éloignée qu’elle puisse paraître lorsqu’on la compare à celle de la civilisation gréco-romaine et aux dates de l’antiquité dite « classique », est pourtant, à vrai dire, encore assez récente ; quel était, avant cette époque, l’état de la race jaune, qui habitait alors vraisemblablement certaines régions de l’Asie centrale ? Il est impossible de le préciser, en l’absence de données suffisamment explicites ; il semble que cette race ait traversé une période d’obscurcissement, d’une durée indéterminée, et qu’elle ait été tirée de ce sommeil à un moment qui fut aussi marqué par des changements importants pour d’autres parties de l’humanité. Il se peut donc, et même c’est la seule chose qui soit affirmé assez nettement, que ce qui apparaît comme un commencement n’ait été véritablement que le réveil d’une tradition fort antérieure, qui dut d’ailleurs être mise alors sous une autre forme, pour s’adapter à des conditions nouvelles. Quoi qu’il en soit, l’histoire de la Chine, ou de ce qui est ainsi appelé aujourd’hui, ne commence proprement qu’a Fo-hi, qui est regardé comme son premier empereur ; et il faut ajouter tout de suite que ce nom de Fo-hi, auquel est attaché tout l’ensemble des connaissances qui constituent l’essence même de la tradition chinoise, sert en réalité à désigner toute une période, qui s’étend sur une durée de plusieurs siècles.
1
Le Voile d’Isis, 1932, p. 485 – 508.


Fo-hi, pour fixer les principes de la tradition, fit usage de symboles linéaires aussi simples et en même temps aussi synthétiques que possible : le trait continu et le trait brisé, signes respectifs du
yang
et du
yin
, c'est-à-dire des deux principes actif et passif qui, procédant d’une sorte de polarisation de la suprême Unité métaphysique, donnent naissance à toute la manifestation universelle. Des combinaisons de ces deux signes, dans toutes leurs dispositions possibles, sont formés les huit
koua
ou « trigrammes », qui sont toujours demeurés les symboles fondamentaux de la tradition extrême-orientale. Il est dit que,« avant de tracer les trigrammes, Fo-hi regarda le Ciel, puis baissa les yeux vers la Terre, en observa les particularités, considéra les caractères du corps humain et de toutes les choses extérieures ».
1
Ce texte est particulièrement intéressant en ce qu’il contient l’expression formelle de la grande Triade : le Ciel et la Terre, ou les deux principes complémentaires dont sont produits tous les êtres, et l’homme, qui, participant de l’un et de l’autre par sa nature,est le terme moyen de la Triade, le médiateur entre le Ciel et la Terre. Il convient de préciser qu’il s’agit ici de l’ « homme véritable », c'est-à-dire de celui qui, parvenu au plein développement de ses facultés supérieures, « peut aider le Ciel et la Terre dans l’entretien et la transformation des êtres, et, par cela même, constituer un troisième pouvoir avec le Ciel et la Terre ».
2
Il est dit aussi que Fo-hi vit un dragon sortir du fleuve, unissant en lui les puissances du Ciel et de la Terre, et portant les trigrammes inscrits sur son dos ; et ce n’est là qu’une autre façon d’exprimer symboliquement la même chose.Toute la tradition fut donc d’abord contenue essentiellement et comme en germe dans les trigrammes, symboles merveilleusement aptes à servir de support à des possibilités indéfinies : il ne restait qu’à en tirer tous les développements nécessaires, soit dans le domaine de la pure connaissance métaphysique, soit dans celui de ses applications diverses à l’ordre cosmique et à l’ordre humain. Pour cela, Fo-hi écrivit trois livres, dont le dernier,appelé
Yi-king
ou « Livre des mutations », est seul parvenu jusqu’à nous ; et le texte de ce livre est encore tellement synthétique qu’il peut être entendu en des sens multiples, d’ailleurs parfaitement concordants entre eux, selon qu’on s’en tient strictement aux principes ou qu’on veut les appliquer à tel ou tel ordre déterminé. Ainsi, outre le sens métaphysique, il y aune multitude d’applications contingentes, d’inégale importance, qui constituent autant de sciences traditionnelles : applications logique, mathématique, astronomique, physiologique,sociale, et ainsi de suite ; il y a même une application divinatoire, qui est d’ailleurs regardée comme une des plus inférieures de toutes, et dont la pratique est abandonnée aux jongleurs errants. Du reste, c’est là un caractère commun à toutes les doctrines traditionnelles que de contenir en elles-mêmes, dès l’origine, les possibilités de tous les développements concevables, y compris ceux d’une indéfinie variété de sciences dont l’Occident moderne n’a pas la moindre idée, et de toutes les adaptations qui pourront être requises par les circonstances ultérieures. Il n’y a donc pas lieu de s’étonner que les enseignements renfermés dans le
Yi-king
, et que Fo-hi lui-même déclarait avoir tirés d’un passé très ancienet très difficile à déterminer, soient devenus à leur tour la base commune des deux doctrines dans lesquelles la tradition chinoise s’est continuée jusqu’à nos jours, et qui pourtant, en raison des domaines totalement différents auxquels elles se rapportent, peuvent sembler à première vue n’avoir aucun point de contact : le Taoïsme et le Confucianisme.
1

Livre des Rites de Tcheou
.
2

Tchoung-young,
XXII.




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