Tao Te King

Le Classique de la Voie et de la Vertu
 
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 La place du conducteur

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David

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MessageSujet: La place du conducteur   Ven 2 Déc - 10:32

J'oubliais. Expérience (réelle) vécue hier soir. J'aimerais, les gars, avoir votre opinion là-dessus.
Tous les commentaires sont les bienvenus.
Qu'était-ce, selon vous ?

La place du conducteur

Hier soir, dans ma voiture, à des centaines de kilomètres de chez moi, garé dans une ruelle sombre, seul avec mes pensées ténébreuses, dans l'obscurité la plus totale...

Il pleut. Il y a beaucoup de vent.

Depuis l'intérieur de mon véhicule, je fixe ce poteau depuis une bonne demi heure.

Je ressens d'étranges sensations, qui me parcourent le corps. Je sens que quelque chose est en train de se passer.

Puis les gouttes de pluie se transforment en bulles d'eau, le bruit du vent devient musique ; l'air se condense, et me transporte à mille lieues de là, je plane, je vole, mais je suis immobile, toujours vissé sur mon siège.

Quelque chose ne va pas. Je ressens un vide Naturel extérieur à moi, le vent chante à l'unisson des secousses qu'il entraîne dans la flore ambiante.

Tout à coup, je me sens bien. Tout redevient calme, très calme, trop calme. La pluie tombe toujours, le vent siffle. Chaque son, chaque bruit devient une note de musique. Les ténèbres qui m'entourent me réconfortent et m'enveloppent comme un linceul.

Où suis-je ?

Dans ma voiture. Je n'ai pas oublié. Toujours en train de fixer ce poteau, à quelques mètres devant. Je le fixe, mais pourtant, je ne le vois pas. Je le regarde, mais il n'est pas là. Si je voulais le toucher, sentirais-je la morsure brûlante du métal ? N'est-ce qu'une chimère ?

J'ai l'impression d'être là depuis des siècles. Le vague sentiment, qu'en réalité, j'ai toujours connu ce poteau. Le sentiment que, depuis l'aube des temps les plus reculés, je suis encore et toujours à la place du conducteur, regard fixe devant moi, mais ailleurs.

L'eau. Les gouttes. La pluie. Elles coulent sur le pare-brise, dessinant d'étranges symboles que je ne comprends pas. C'est presque sensuel.

J'ouvre à moitié la portière. Le vent effleure à peine mon torse. Je déboutonne encore deux boutons de ma chemise noire. L'air me caresse la peau, cette peau si blanche, si morte, si lasse...

Je ferme les yeux. Les sensations continuent, viennent de partout, il y en a presque trop.

Une goutte de pluie me tombe sur la main gauche. Quel délice...

Le vent m'enveloppe, et chante pour moi. La noirceur qui m'englobe devient Lumière de l'Esprit, paupières closes.

J'ouvre les yeux. Tout est normal. Ce poteau, vieux de plusieurs milliards d'années, est toujours là. Le fixant, je vois autre chose. Mon regard se promène aux alentours. Pas un seul lampadaire dans cette ruelle. L'horloge de mon cadran vient de sonner minuit.

Je me sens étrangement bien. En stase. Je flotte, mais suis inerte. Je me sens en harmonie avec les conditions climatiques immédiates. Une Ode à l'Osmose.

Tout à coup, et sans prévenir, panique : je sens que quelque chose va arriver. Mais quoi ?

Ça y est. Un flux cosmique s'empare de mon corps, tourbillonne à l'intérieur de moi, un flot majestueux, antique, quelque chose qui n'est pas de ce monde mortel. Au plus profond de mon être, je peux sentir chaque atome, chaque particule constituant mon génome. Mes os, un par un, se décomposent, et se métamorphosent en... Vide.

Mon âme plane.

Inutile de lutter contre ce phénomène. Je sais qu'il est plus fort que moi et que toute résistance serait futile. Je me laisse donc transporter... par ce néant de... plénitude.

Qui suis-je ?

David. Chemise noire déboutonnée, torse nu. Je suis dans la voiture. Portière à demi ouverte. Le poteau. Je n'ai pas oublié.

Torse nu ? Je ne me souviens pas avoir déboutonné les derniers crans de ma chemise... noire ? Si noire... Tellement noire. Elle se confond presque avec les ombres qui dansent sur mon visage. Regard dans le rétroviseur. Oui, c'est bien moi.

Je suis toujours aspiré à l'intérieur de moi-même, au plus profond de mon non-être, et les vagues déferlantes de l'univers ne cessent de s'installer en moi. Je peux sentir chaque organe, chaque molécule, chaque particule ultime de mon être.

Je me sens si bien... vraiment bien...

Je ferme les yeux, et décide de profiter de cet instant magique, au moment présent, sans chercher à comprendre. Y a-t-il d'ailleurs quelque chose à comprendre ? Je l'ignore, et ne veux pas... chercher à comprendre.

Je lâche prise. Et on décolle...

Que suis-je ?

Je ne sais pas. Cela n'a d'ailleurs aucune importance, ce qui compte étant ce que je ressens MAINTENANT, TOUT DE SUITE.

Est-ce un rêve ? Non, je ne crois pas. En fait, j'en suis même sûr, sans pouvoir l'expliquer. Cet instant est bien réel.

Les fantômes, près de moi, continuent leur ballet spectral. J'ai l'impression d'être monté au sommet de l'Univers, derrière le volant. Le poteau n'est plus là. Après autant de siècles, il a bien du finir par disparaître dans le néant, lui aussi.

En ce moment, je pense à toi. Je t'ai déposée près de chez toi, et tu es rentrée seule... sous la pluie. Et quelle pluie ! Si tu savais ! Mon Amour interdit, si tu savais ! Viens avec moi, et dansons sous cette pluie cosmique, entourés de fantômes, de leur ballet de spectres-acteurs, avec le vent, sa musique, dansons, dansons ensemble une Valse Universelle parmi les Ténèbres, en cette nuit fantomatique !

Unissons-nous sous ce Ciel Nocturne, communions ensemble, vers ce flux cosmique, ce flot qui régit l'Univers, communions ! Chantons ! Dansons ! Et...

Où suis-je ? Qui suis-je ?

David. Chemise noire déboutonnée, torse nu. À la place du conducteur. Portière à demi ouverte. Le poteau qui me fixe. Les ombres. Je n'ai pas oublié.

Il pleut toujours. Vente, aussi. C'est l'obscurité totale.

Mais qui es-tu ? Je ne te vois plus.

Ah, oui. Je t'ai déposée près de chez toi, et tu es rentrée seule... sous la pluie. Et quelle pluie ! Es-tu Mon Amour interdit ? Oui. Mais quand tu es rentrée... tu n'es jamais ressortie.

Le souffle du vent me murmure des choses incroyables. Sur toi, sur moi, sur nous... sur la Nature, sur ma nature, sur la tienne, aussi, sur l'Univers tout entier. Le vide devient un médicament métaphysique. Et toutes ces étoiles, brillantes de mille feux, qui vrillent au dessus de ma tête, sont-elles aussi...

David. Voiture. Portière. Chemise noire. Torse nu. Poteau. Pluie, vent, nuit, ténèbres inconscientes... maintenant, je sais qui je suis.

Maintenant, je sais où je suis.

À la place du conducteur, derrière le volant... mais surtout... sur Terre. Je suis qui je suis, sans chercher à... comprendre.

Je fais démarrer la voiture, mets les phares, t'oublie temporairement, et m'en retourne d'où je suis venu...

Il est 00h04 au cadran du véhicule. Et... je file.

Il pleut, Mon Amour interdit. Il vente. N'oublie jamais ceci : je suis comme je suis, et tu es... telle que tu es.

Il pleut. Vente, aussi. Mais je suis déjà loin, maintenant.


David T.
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Olivier

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MessageSujet: Re: La place du conducteur   Ven 2 Déc - 20:55

Ces expériences dans la voiture, j'en ai fait de nombreuses. Je crois que la voiture de part sa situation à la fois extérieure et intérieure favorise le contact avec les mystères du Tao et même avec l'extase.

Je crois, David, que tu as fait la connaissance du principe qui nous a tous enfanté, toi, moi, le poteau... Avec sa part d'ombre...

Amicalement, Oliver

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David

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MessageSujet: Re: La place du conducteur   Ven 2 Déc - 20:57

Tu parles du Tao ? Si oui, est-ce que l'Éveil a un rapport intrinsèque avec cette expérience ?
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MessageSujet: Re: La place du conducteur   Ven 2 Déc - 20:58

De plus, j'ignore comment c'est venu. Je fixais juste ce poteau... sans penser. Et là... voilà.
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MessageSujet: Re: La place du conducteur   Ven 2 Déc - 21:18

L'éveil, David est un Etat de l'être. Ça débute souvent avec une ou plusieurs expériences métaphysiques. Ces expériences permettent une prise de conscience. sur la vérité de l'Être. Cette prise de conscience en entraîne une autre puis une autre et ainsi de suite. Et puis l'Eveil c'est mille autres choses, cela dépend de chacun, de chaque place, de chaque instant.
Celui qui suit le Tao vit l'Eveil.

Oliver

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David

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MessageSujet: Re: La place du conducteur   Ven 2 Déc - 21:20

Et d'après toi, où en suis-je ?
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MessageSujet: Re: La place du conducteur   Ven 2 Déc - 21:38

Comme tout un chacun, tu es éveillé, car ton cerveau reptilien (Esprit intuitif) a toujours été là pour toi. Il te reste à le laisser parler à lui trouver une place. l'Esprit ne trahit jamais, c'est très important David, l'Esprit est toujours vrai.
Il te reste à le mettre en pratique.

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David

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MessageSujet: Re: La place du conducteur   Ven 2 Déc - 21:48

Comment le mettre en pratique ? C'est naïf, je sais...
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MessageSujet: Re: La place du conducteur   Ven 2 Déc - 22:00

Un exemple très simple. Après je vais me coucher (le sommeil c'est important pour l'équilibre...).
Voici :
dans la journée, si tu ne sais quoi faire, assieds toi, ferme les yeux, et laisse passer tes pensées, essaie de ne penser à rien, laisse filer. Concentre toi bien sur cet exercice. Essaie de le faire durer au maximum. Normalement au bout de quelques minutes tu sera debout prêt à faire le truc qu'il fallait absolument que tu fasses. Ce truc important, tu ne l'aurait peut-être pas fait sans méditation.

Par ailleurs, c'est à toi d'expérimenter, tu es ton propre chef quoiqu'il arrive.

Bonne nuit David,

A bientôt, Oliver

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MessageSujet: Re: La place du conducteur   Sam 3 Déc - 14:04

Salut Olivier,

(je suis de bonne humeur, j'ai eu droit à 2h30 de sommeil d'affilée cette nuit !)
Je pratiquais déjà cet exercice, sans jamais arriver à le parfaire. Lorsque je ferme les yeux, des milliers de stimuli m'envahissent, il y a trop de couleurs, trop de sons, les signaux électriques me transpercent, c'est insupportable. Si je veux conserver le contrôle, je dois d'abord éliminer chaque sensation une par une. Mes pensées sont difficilement contrôlables. J'ai la chance de pratiquer des arts martiaux un peu spéciaux depuis que je suis gamin, ce qui m'a énormément aidé.

Tu as raison : cela fait tellement de bien de lâcher prise... tout devient plus lent, plus calme, sans tracas.

Je confie dorénavant mes problèmes et questions métaphysiques à l'Univers. Ce n'est pas de mon ressort.

D.
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MessageSujet: Re: La place du conducteur   Sam 3 Déc - 14:19

Tu parles souvent de Vérité. La vérité de l'être, par exemple.

Mais y a-t-il quoi que ce soit à comprendre ? Y a-t-il une vérité finale et absolue ? Ces questions sont bien sûr rhétoriques, car insolubles.

Tout de même, je pense que LA vérité n'existe pas. Elle ne peut, car dépendrait de trop de facteurs et conditions externes à notre perception pour pouvoir que l'on en ait conscience.

Je pense, en revanche (et tu seras content de l'apprendre, étant prof), que, donc, LA vérité n'existe pas, mais MA vérité existe bel et bien, prenant la forme que je désire lui donner selon mes émotions du moment ; selon l'instant présent, l'instantanéité, le moment qui est là... éphémère.

D.
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MessageSujet: Re: La place du conducteur   Sam 3 Déc - 15:52

David a écrit:
Salut Olivier,

(je suis de bonne humeur, j'ai eu droit à 2h30 de sommeil d'affilée cette nuit !)
Je pratiquais déjà cet exercice, sans jamais arriver à le parfaire. Lorsque je ferme les yeux, des milliers de stimuli m'envahissent, il y a trop de couleurs, trop de sons, les signaux électriques me transpercent, c'est insupportable. Si je veux conserver le contrôle, je dois d'abord éliminer chaque sensation une par une. Mes pensées sont difficilement contrôlables. J'ai la chance de pratiquer des arts martiaux un peu spéciaux depuis que je suis gamin, ce qui m'a énormément aidé.

Tu as raison : cela fait tellement de bien de lâcher prise... tout devient plus lent, plus calme, sans tracas.

Je confie dorénavant mes problèmes et questions métaphysiques à l'Univers. Ce n'est pas de mon ressort.

D.

Cool, Il est bon que tu dormes.
Il est normal de ne pas y arriver du premier coup (j'en suis à 7 ans de pratique) ! Il m'arrive de penser parfois. Le truc c'est que lorsque j'en prends conscience, j'arrête.

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MessageSujet: Re: La place du conducteur   Sam 3 Déc - 16:07

David a écrit:
Tu parles souvent de Vérité. La vérité de l'être, par exemple.

Mais y a-t-il quoi que ce soit à comprendre ? Y a-t-il une vérité finale et absolue ? Ces questions sont bien sûr rhétoriques, car insolubles.

Tout de même, je pense que LA vérité n'existe pas. Elle ne peut, car dépendrait de trop de facteurs et conditions externes à notre perception pour pouvoir que l'on en ait conscience.

Je pense, en revanche (et tu seras content de l'apprendre, étant prof), que, donc, LA vérité n'existe pas, mais MA vérité existe bel et bien, prenant la forme que je désire lui donner selon mes émotions du moment ; selon l'instant présent, l'instantanéité, le moment qui est là... éphémère.

D.
Tu raisonnes bien David, il n'y a pas de vérité absolue, mais toi tu peux contacter l'Absolu.
Le truc des taoïstes, c'est aussi de dire qu'il n' y a pas de vérité absolue, mais un principe actif, le Tao dont la Vertu indique une vérité éphémère. La vérité est donc dans l'instant présent à condition de suivre la Vertu du Tao. La vérité de l'être, c'est la spontanéité, le comportement naturel (sans les déviances du mental rationnel ou de l'Ego). Pour suivre la Vertu, il "suffit" de suivre son instinct, son intuition naturels (cela est plus facile quand on ne pense pas).

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MessageSujet: Re: La place du conducteur   Dim 4 Déc - 8:46

Olivier a écrit:
David a écrit:
Tu parles souvent de Vérité. La vérité de l'être, par exemple.

Mais y a-t-il quoi que ce soit à comprendre ? Y a-t-il une vérité finale et absolue ? Ces questions sont bien sûr rhétoriques, car insolubles.

Tout de même, je pense que LA vérité n'existe pas. Elle ne peut, car dépendrait de trop de facteurs et conditions externes à notre perception pour pouvoir que l'on en ait conscience.

Je pense, en revanche (et tu seras content de l'apprendre, étant prof), que, donc, LA vérité n'existe pas, mais MA vérité existe bel et bien, prenant la forme que je désire lui donner selon mes émotions du moment ; selon l'instant présent, l'instantanéité, le moment qui est là... éphémère.

D.
Tu raisonnes bien David, il n'y a pas de vérité absolue, mais toi tu peux contacter l'Absolu.
Le truc des taoïstes, c'est aussi de dire qu'il n' y a pas de vérité absolue, mais un principe actif, le Tao dont la Vertu indique une vérité éphémère. La vérité est donc dans l'instant présent à condition de suivre la Vertu du Tao. La vérité de l'être, c'est la spontanéité, le comportement naturel (sans les déviances du mental rationnel ou de l'Ego). Pour suivre la Vertu, il "suffit" de suivre son instinct, son intuition naturels (cela est plus facile quand on ne pense pas).

Salut Oli,

C'est effectivement ce que je pensais. Le naturel étant instinctif, il ne peut forcément conduire qu'au principe actif du Tao. C'est d'une logique tellement évidente, simple, que je suis mort de honte de ne pas l'avoir compris plus tôt. Mais qu'en est-il du principe passif ?

Et c'est parti pour une autothérapie psychanalytique...

Quelques nouvelles concernant mon état de santé :

Bonne nouvelle : mes endorphines sont réactivées. J'atteins un seuil paroxystique de 4 heures de sommeil paradoxal. Je suis non pas "moins mal", mais "mieux". J'ai toujours très froid, en revanche, et une pseudohyperpyrexie (fausse fièvre tenace). J'ai repris goût à certaines petites choses, notamment la danse, que je pratique (en combinaison avec le ninjutsu) depuis plus de quinze ans, tous styles.

Olivier, pour revenir deux secondes sur la discussion que nous avons eue concernant les chimiques : tu avais raison, encore une fois. J'ai une vieille boîte de Temesta chez moi, qui pourrit depuis quelques années, mais pas encore périmée. J'ai pris un comprimé (j'ignore pourquoi je l'ai pris, comme si je DEVAIS le prendre, peut-être parce que je galérais vraiment comme il faut cette nuit à mon réveil), et ça m'a fait le plus grand bien. Diminution de la tension musculaire, plus aucune décharges électriques, sentiment chimique d'apaisement total, relaxation de surface, pensées positives, en revanche, je fume beaucoup (pour combler)...

Maintenant, tout est une question de volonté, de force et surtout pas de résilience. Ne pas sombrer dans la dépendance (une drogue pour une autre, pour ainsi dire), ne pas excéder dans la posologie (mais je ne suis pas médecin, donc j'adapte selon le stress), et savoir s'arrêter quand la médication ne sera plus nécessaire.

J'aurais du consulter un médecin compétent depuis le début, au lieu de mon "bon vieux docteur de famille" qui m'a prescrit de l'aspirine pour un sevrage morphinique. Grrr...

En revanche, le phénomène de rebond (amplification des symptômes déjà présents avant le sevrage) est particulièrement atroce. Mon dos me fait souffrir (raison pour laquelle j'ai reçu un traitement opioïde/morphinique), et je dois malgré tout me passer de tout antidouleur (à part cette foutue "aspirine" qui ne fait strictement rien)... Mais je prends sur moi. Patience. Résolution...?

Olivier,

N'y a-t-il pas, à travers l'absence de vérité absolue... une vérité subjective qui conduit au vrai bonheur ?

Qu'est-ce que le bonheur ? C'est une émotion que je ressens lorsque je me sens bien, sans tracas, avec les personnes que j'aime. Le bonheur peut se comparer à la joie, variant en intensité, et sur le long terme. État de plénitude stable.

Je suis allé en soirée hier. Danse. Ce que j'y ai rencontré n'est pas le bonheur, mais la joie. Une joie étouffée, mais bien présente, et sans artifices. Du plaisir, aussi. On revoit les vieux copains, les amis... qui ont, pour la plupart, plus du double de mon âge. Je m'emmerde profondément avec les "jeunes", qui n'ont pour tout neurone qu'un cheveu sur le caillou, dont la longueur n'a d'égal que l'intensité de leurs pseudoconversations monosyllabiques. Hier, j'avais envie de discuter. J'ai parlé avec un historien révisionniste qui remet en cause l'existence des chambres à gaz. Inutile de préciser que je buvais du petit lait. Finalement, la discussion est partie en sucettes, sujet : l'imposture, l'escroquerie du 11 Septembre. Puis la laïcité, les religions, 2000 ans de marketing, l'inexistence de Dieu, dont je discutais aussi avec un ancien curé reconverti dans le bâtiment ( ?? ), qui a enfin pu faire acte de mariage (homosexuel). Lui, sa drogue, ç'a été, pendant plus de quarante ans, la religion catholique. Je n'en débattrai pas ici, mais tout le monde connaît mon point de vue là-dessus et mes positions radicalistes. Surtout lui. Puis un ancien para, lui aussi reconverti, mais pas dans le bâtiment. On a parlé de la seconde guerre mondiale (la zone interdite, personne n'a le droit d'y aller), et, comme par hasard (comme quoi il fait bien les choses), voilà qu'on tombe sur un mec qui a été dans les camps de concentration et qui nous a dit : "ça s'est pas passé comme ça". Mon pote avait vraiment envie de discuter avec lui, ce que j'ai de suite remarqué, et le vieux réflexe de lui dire : "t'es fou, c'est des gens faut pas leur parler". Finalement, on a quand même discuté tous les trois, et je me suis amusé comme un petit fou. "ça ne s'est pas passé comme ça... les chambres à gaz ? un mythe ; Dieu ? Inexistant ; le 11 Septembre ? Organisation israélo-américaine ; Obama ? Création de la CIA en 5 ans. Il n'existait pas, avant. Il servait les cafés à la CIA... il allait garer les bagnoles...". Là je me suis dit : "Oh, Jésus !".

À côté de toutes ces joyeuseries, il y avait des filles, aussi. Beaucoup. J'ai la chance d'être "très beau garçon", ce qui m'amuse au plus haut point, parce que tous les regards féminins (de 7 à 77 ans) étaient tournés vers moi. J'ai aussi la chance d'être un danseur doué, ancien champion de Belgique. Alors, sur la piste, c'était encore pire (ou mieux ?) qu'assis sur ma chaise... j'ai donné un petit spectacle, et cela m'a fait mourir de rire, mais je ne regrette pas. Je devrais avoir honte.

Olivier, trouves-tu normal que côté discussion, amis, copains, je recherche la compagnie de personnes plus âgées (et le plus âgé possible), alors que côté désir, affectif, je recherche instinctivement des filles... beaucoup plus jeunes que moi ? (beaucoup, beaucoup plus jeunes...). Je devrais normalement être attiré par les femmes, ce qui est AUSSI le cas, mais pas autant. Côté amour, je ne recherche aucune discussion. Si elle est muette, c'est encore mieux. Et sourde, aussi, parce que parfois, j'en lâche de bien bonnes... (j'aimerais aussi avoir l'avis de Doris, là-dessus).

Compte-rendu de la soirée, j'ai passé autant de temps à discuter qu'à danser. Corps, esprit. Cinquante cinquante, heureusement pour mes vertèbres et moi-même, la bouche ne fait pas travailler le dos.

À un moment donné, j'ai ressenti le besoin de m'isoler. J'ai donc regagné mon véhicule une petite demi heure, complètement seul, à travers ces ténèbres, cette obscurité que j'aime tant... Bref, à l'intérieur de l'extérieur de l'intérieur de mon véhicule, je pensais au Tao, qui m'a fait penser à toi ( ??). Dans ma voiture, donc, j'ai mis à profit tes conseils : faire le vide, ne plus penser. J'ai fixé un arbre, en écoutant le vent, pendant un temps que je calculerais à 25 minutes. Au bout de la 26ème, même chose que dans le post initial : la place du conducteur. Je me suis senti aspiré DE l'intérieur, À l'intérieur, VERS l'intérieur... par une force, un principe antique, que je ne pourrais ni nommer, et encore moins définir. Et cela s'est arrêté après... 4 minutes. Exactement comme jeudi soir.

Au bout d'une demi heure, donc (26+4), j'ai repris le chemin de la salle.

Une salle bondée, remplie à ras bord, l'ambiance à son comble.

Franchement, je me suis bien amusé. Pour revenir deux secondes sur le sujet des filles/femmes, j'apprécie être regardé, mais sans plus. J'adore aussi m'imaginer (avec justesse) ce qu'elles peuvent bien penser, dans leur petite tête. Étonnamment, ce que j'imagine tombe toujours très juste, très précis, alors ce n'est plus de l'imagination, mais de l'anticipation. Ou une certaine forme d'habitude... L'homme recèle tellement de désirs secrets...

Olivier. Cette relation prof-élève qui s'est tissée entre nous... je dois admettre qu'elle m'étonne... et me procure un certain sentiment de sécurité. J'ignore pourquoi.

Allez, j'arrête de bavarder (sale gosse ! au coin ! et avec le chapeau d'âne...). Oui, l'âne, c'est moi.

Franchement, j'avais envie de discuter.

Allez, salut les gars, à la revoyure !

D.

PS : pour écrire cet article, je n'ai pas fait parler le mental. Ni même l'instinct. J'ai laissé parler le cœur, juste le cœur, et voilà ce que ça a donné...
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MessageSujet: Re: La place du conducteur   Dim 4 Déc - 9:44

Bonjour David, et bon Dimanche !

Tu as pris hier soir du Temesta en ton âme et conscience, c'est très bien, pas le Temesta, mais le fait que tu es agit en ton âme et conscience et donc de façon naturelle. Si tu pouvais agir (non agir) comme cela toute la journée tu parviendrais vite au Nirvana.

En ce qui concerne l'absence de vérité absolue, et la vérité subjective, le problème dépend du point de vue. Pour celui qui raisonne avec son Ego, la vérité subjective est fausse, et souvent cet individu croit en une vérité absolue les lois, les règles du jeu, le code de la route... qui sont pour lui des quasi vérités absolues. Le Taoïste, lui prend le point de vue de l'Univers, les lois, les règles et les codes ne sont pas naturels, aussi il les ignore. En revanche, il agit naturellement, en écoutant sa nature, et il sait que si l'Univers l'accompagne, son acte ne peut-être qu'un acte vrai. Le saumon suit le courant toute sa vie, mais pour pondre remonte le courant, c'est dans sa nature. Et l'Univers (courant et contre-courant) l'aide dans son parcours.

J'ai exactement le double de ton age, je rentre donc dans tes cannons affectifs Basketball Pour les femmes et les filles, c'est l'inverse, tu n'est pas seul ! Lao Tseu aussi apprécie le tendre plus fort que le raide ! Il me parait plus naturel de viser de jeunes filles pour sa progéniture que de vieilles dames. (Evidemment, les jeunes filles doivent être pubères Wink et séduites par amour et non par quelque rapport de force )

Amicalement, Oliver

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MessageSujet: Re: La place du conducteur   Dim 4 Déc - 9:48

Hmm... Pourrais-tu développer ? Au sujet de mon petit article, juste au-dessus ?

D.
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MessageSujet: Re: La place du conducteur   Dim 4 Déc - 9:55

Développer quoi ? Les banalités des discussions Egotiques ?

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MessageSujet: Re: La place du conducteur   Dim 4 Déc - 10:29

Non, mes questions. Et les passages en gras.

Hmm... tu n'aimes pas beaucoup ça, n'est-ce pas ?
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David

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MessageSujet: Re: La place du conducteur   Dim 4 Déc - 10:31

Olivier a écrit:
En ce qui concerne l'absence de vérité absolue, et la vérité subjective, le problème dépend du point de vue. Pour celui qui raisonne avec son Ego, la vérité subjective est fausse, et souvent cet individu croit en une vérité absolue les lois, les règles du jeu, le code de la route... qui sont pour lui des quasi vérités absolues. Le Taoïste, lui prend le point de vue de l'Univers, les lois, les règles et les codes ne sont pas naturels, aussi il les ignore. En revanche, il agit naturellement, en écoutant sa nature, et il sait que si l'Univers l'accompagne, son acte ne peut-être qu'un acte vrai. Le saumon suit le courant toute sa vie, mais pour pondre remonte le courant, c'est dans sa nature. Et l'Univers (courant et contre-courant) l'aide dans son parcours.

J'ai bien compris ce passage. Merci, Olivier.

D.
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Olivier

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MessageSujet: Re: La place du conducteur   Dim 4 Déc - 10:47

David a écrit:
Non, mes questions. Et les passages en gras.

Hmm... tu n'aimes pas beaucoup ça, n'est-ce pas ?
Penser au Tao, c'est être à l'écoute du silence intérieur.

Ce que je n'aime pas, ce sont les gens qui parlent de choses qu'ils n'ont pas vécu, comme s'ils détenaient la vérité, comme par exemple vos discussions sur les chambres à gaz...

Quand au moment de grâce que tu as revécu dans ta voiture, il va se tarir si tu essaie de le revivre trop souvent.

Bien à toi, Oliver

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David

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MessageSujet: Re: La place du conducteur   Dim 4 Déc - 11:03

Olivier a écrit:
Ce que je n'aime pas, ce sont les gens qui parlent de choses qu'ils n'ont pas vécu, comme s'ils détenaient la vérité, comme par exemple vos discussions sur les chambres à gaz...
Si tu relis bien ce que j'ai écrit... nous sommes tombés sur un ancien des camps de concentration. Qui nous a dit : "ça ne s'est pas passé comme ça".

D.
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Olivier

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MessageSujet: Re: La place du conducteur   Dim 4 Déc - 11:05

Oui, c'est vrai, j'avais vu. Mais c'est vous qui aviez ouvert le sujet n'est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: La place du conducteur   Dim 4 Déc - 12:52

Forcément, puisqu'il répond que cela ne s'est pas passé comme ça. L'historien dont je parlais a fait des années de recherches, pour en arriver à la même conclusion.
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Olivier

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MessageSujet: Re: La place du conducteur   Dim 4 Déc - 13:20

Conclusion qui est ?

Conclusion qui quelle qu'elle soit, sera vide de Tao.

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David

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MessageSujet: Re: La place du conducteur   Dim 4 Déc - 13:22

Je comprends, Olivier..
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