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 La symbolique

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Blanche



Nombre de messages : 68
Date d'inscription : 15/01/2009

MessageSujet: La symbolique   Mer 28 Jan - 20:18

Bonjour,

Voici un extrait du livre de Jacques Salomé, qui est éloquent et fort intéressant. Bonne lecture cheers

De tout temps dans l'histoire de l'humanité, l'homme a ressenti le besoin de se relier au symbolique (...). Face à l'énigme de la création et aux mystères de la vie, l'homme créa tout d'abord des images comme autant de ponts, de passerelles, de moyens de reliance ou d'arcs-en-ciel de réprésentations lancés en direction de la réalité pour iriser l'univers de significations fussent-elles projectives. Sans quoi l'espace entre le dedans et le dehors eût été trop vide de sens et trop dense de frayeurs.

Pour ne pas se trouver face au néant et à l'angoisse, l'homme a tissé l'espace de tentatives d'explications en réponse aux questions existentielles ontologiques qu'il se posait. Pressentant l'immense fossé entre réalité et réel , il a au cours de son histoire suivi deux grandes pistes dont le tracé s'est dessiné à partir d'options et de choix fondamentalement différents dès le départ.

La première est celle qui a dominé dans le monde occidental et marqué de son empreinte nos modes de penser jusqu'à nos jours. A base de conquête, d'appropriation, de tentative de contrôle et de mainmise sur cette réalité, cette piste a été jonchée de violences, parcourue d'errances et parsemée de destructions, même si elle a débouché sur des réussites appréciables et considérables comme la maîtrise des énergies, l'exploration de l'espace, l'influence sur la génétique, la matière ou la santé.

La seconde piste, davantage centrée sur la prise en considération du réel plutôt que de la réalité, se fonde sur la reconnaissance de ce réel, sur son apprivoisement et, d'une certaine façon, sur la tentative de le maîtriser. Cette forme d'approche a pu prendre parfois aussi en compte l'imaginaire qui tentait de relier les deux démarches. Ce fut la grande fonction des mythes, de l'art et du symbolique.

La rupture avec le symbolique s'est opérée progressivement avant de se confirmer dans la désymbolisation des objets constatée de nos jours. Ce parcours comporte deux principales lignes de fracture au cours de l'histoire.

La naissance de la philosophie a contribué à cette rupture dans un premier temps, elle qui a prétendu expliquer le monde en disqualifiant les récits mythiques transmis jusque-là oralement par les diverses religions pour tenter d'expliquer les phénomènes naturels et humains. La naissance de la philosophie a participé à l'instauration d'un mode de penser fondé essentiellement sur l'expérience et la référence à la raison, aux antipodes de la pensée mythique et des pratiques rituelles qui traduisaient la capacité de l'homme de l'époque de se responsabiliser par rapport à son sort.

Une dichotomie s'est installée entre ces deux types de pensées, l'une s'imposant comme plus évoluée que l'autre, parfois encore dédaigneusement appelée de nos jours "pensée primitive". Le symbolique est devenu la chasse gardée des grandes religions qui se sont emparées de ses outils et des ses pratiques et les ont dévitalisées, en quelque sorte fossilisés.

La seconde ligne de fracture du symbolique se situe à la fin du Moyen Âge. Jusqu'à cette époque, le symbolique avait sa place dans la vie quotidienne. On pouvait être à la fois technicien et alchimiste, historien et mythologue, scientifique et mystique.

Certains symboles possèdent un sens universel auquel nous sommes reliés à un niveau profond ou archétypal, mais chacun l'entendra plus ou moins en surface, selon ses propres filtres. Le symbole constituera donc, à partir d'un objet, un signe qui s'inscrira dans un ensemble pour lui donner cohérence et force, en s'appuyant sur une fonction centrale, celle de la réunification intérieure et de la recentration des énergies. Dans son essence même, la démarche de symbolisation, qui consiste à recourir à l'usage des symboles, permet de se relier au sacré, donc au divin qui est à la fois en chacun de nous et tout autour de nous.

Au cours du développement du petit de l'homme, la présence du symbolique semble vitale et essentielle, car il est pour l'enfant à la base de sa relation au monde. Sans l'aide des symboles et de la symbolisation, l'acquisition des connaissances et la sociabilité sont réduites à des manipulations sensorimotrices et concrètes qui ne dépassent pas les données immédiates, et perceptibles du temps, de l'espace et de la causalité. Sans symbolique, la pensée ne peut se détacher de la réalité à laquelle elle adhère, elle n'acquiert pas sa fonction de représentation, càd de 'présentation à nouveau', qui caractérise l'accès à la vie intérieure et à la scène de l'imaginaire. Et les comportements ne restent qu'une succession de passages à l'acte non coordonnés ni coordonnables.

J'inviterai chacun à se réconcilier avec le symbolique en m'intéressant tout particulièrement au lien qu'il entretient avec le langage et la communication. Je proposerai d'apprendre à le réintégrer dans la vie quotidienne, en redonnant un sens à des rituels ou en réinventant des pratiques symboliques singulières qui aident à ouvrir plus large et plus profond, l'espace d'échange de chacun avec les autres et avec lui-même.

Jacques Salomé, le courage d'être soi
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Olivier

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Age : 54
Localisation : Montpellier
Date d'inscription : 16/11/2008

MessageSujet: Re: La symbolique   Mer 28 Jan - 21:59

Bonjour mes amies et amis,

Jacques Salomé nous invite donc à faire renaître en nous le sens des symboles, et je suis en grande parti d'accord avec lui. J'aime énormément le titre de son livre "le courage d'être soi", car il résume admirablement la démarche qu'il faut faire pour rejoindre le Divin. Finalement, c'est bien naturel, l'Univers aprécie ceux qui vivent en harmonie avec leur nature intime. Pour l'univers, un timide est parfait en tant que timide, une brute reste parfaite si son coeur reste ouvert, un bossu porte bien sa bosse s'il ne la cache pas.



Mais revenons au symbol. En effet, il est très important. La parole de Jesus qui est parabole, n'a-t-elle pas une portée symbolique ? Force est de constater, que lorsque l'on essaye de faire partager son vécu spirituel, on ne peut l'aborder que par analogies qui tournent autour du sacré qui est vide donc indescriptible... Alors un symbol, qui comme le dit l'auteur recentre un ensemble de concept, reliant par ce centrage ce concept au vide permet d'appler le vide au coeur de l'interlocuteur à une prise de conscience. L'oeil, par exemple tantôt masculin tantôt féminin est un symbole fort.



Pourtant, et le vide est plein de ces paradoxes. Lorqu'on se rapproche du coeur du Tao, le voile se lève, et les symboles volent en éclat, la compréhension du principe "divin" (en fait Dieu apparait sans forme) permet d'apréhender le Tout dans une réalité indiférenciée qui ne nécessite plus de symbolique pour la percevoir. L'individu se plonge dans l'immensité de l'INSTANT, il n'y a plus d'association possible entre les éléments à portée symbolique (cela torpillerait l'instant). Ou d'une autre manière, tout étant unifié, tout symbolise le Tout, tout ramène au Tout, ainsi le Tout apparait dans toute sa splendeur vivante...

Amicalement, cordialement, et chaleureusement, flower

Oliver
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